07 janvier 2007

Un médecin Italien aide son patient à mourir

ITALIAIl réclamait le droit de mourir. La justice italienne le lui avait refusé. Pourtant, quelques heures à peine après ce refus, Piergiorgio Welbay, cet homme de soixante ans atteint de dystrophie musculaire, est tout de même décédé. La nouvelle de sa mort a été annoncée par Radio-Radicale Italienne, la station radio du Parti radical, où l'annonce a été faite par le leader historique de ce parti, Marco Panella. Ce dernier s'est empressé d'assurer que Welby était mort de mort naturelle - ce qu'a rapidement démenti un médecin italien, Mario Riccio (ci-contre), lequel a affirmé avoir aidé le patient à mourir.

Cet anesthésiste de l'hôpital de Crémone a expliqué avoir débranché le respirateur artificiel et donné les médicaments nécessaires pour éviter au malade de souffrir. Il a précisé que Welby était décédé "une demi-heure avant minuit", mercredi. Ce même mercredi, le Conseil supérieur de la santé italien avait estimé que le malade ne faisait pas l'objet d'un acharnement thérapeutique. Les experts du Conseil avaient justifié leur avis en affirmant, entre autre, qu'il n'était pas en danger de mort "imminent".

Piergiorgio Welby, qui aurait eu 61 ans le 26 décembre prochain, il s'était fait connaître par sa lutte acharnée devant les tribunaux, pour obtenir le droit de débrancher le respirateur qui le maintenait en vie. Nourri par sonde, il n'arrivait même plus à dormir, selon sa femme Mina.

Son cas avait relancé le débat sur l'euthanasie en Italie, l’homme était également auteur d'un plaidoyer en faveur du droit à mourir. Il avait lancé un premier appel pour réclamer ce droit en septembre, dans une lettre ouverte au président de la République Giorgio Napolitano.

Avant son dernier combat, devant les tribunaux, il avait écrit à toute la presse italienne "de la prison infâme" de son corps, comparant son sort à celui d'un autre "prisonnier" célèbre, Aldo Moro, l'ancien chef du gouvernement italien séquestré 55 jours puis tué par les Brigades Rouges en mai 1978. Je ne comprend vraiment pas que l'on puisse décider de la mort d'un homme mourant à sa place. Je pense que le médecin a eu raison. Le problème est qu’il risque la prison pour son geste. J’espère qu’il feront cette fois une entorse à la règle et que les politiciens suprimeront peut-être cette loi stupide.

Posté par Bruneau à 16:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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